Histoire de la règlementation du Stud-book Français du poneys Shetland

50 années de gestion au profit d'une race

 

L'Association Française du Poney Shetland est l'organisme de sélection reconnu par le ministère de l'agriculture pour la gestion du livre généalogique (stud-book) de la race poney Shetland en France.

Cette gestion intègre trois cadres règlementaires dans lesquels notre stud-book doit s’inscrire : le cadre des règlementations européennes, le cadre des lois françaises et le cadre imposé par le stud-book mère britannique (Shetland Pony Stud-Book Society – SPSBS). Cette société-mère impose ses directives à 13 stud-books filles dont l'Association française du poney Shetland fait partie. Un comité international réunissant les responsables de ces différents organismes (ISPC International Shetland Pony Committee) se réunit une fois par an pour envisager les évolutions possibles dans la gestion de la race.

 

Pour rappel, l'AFPS GEPS est une association de loi 1901 dont l'objet principal est la protection et la conservation à l’état pur du poney de race Shetland, en conformité avec le standard édité par le berceau de race.

 

Son fonctionnement est assuré par un conseil d'administration composé de neuf personnes, toutes bénévoles et membres de l'association. Toutes les décisions concernant la gestion de la race sont débattues en réunion de travail puis validées par le conseil d'administration. Ces décisions sont appliquées par le règlement du stud-book français du poney Shetland. Ce texte officiel respecte les différents cadres qui s'imposent à son élaboration.

 

Il paraît donc évident que l'équipe dirigeante de l'AFPS GEPS, que je préside, ne s'autoriserait pas à outrepasser le cadre règlementaire lourd et complexe qui s'impose à nous et à la gestion de la race en France.

 

 

Revenons quelques années en arrière pour comprendre l'origine du problème qui se pose devant nous aujourd'hui.

 

En 1966, le stud-book français du poney Shetland voit le jour sous l'impulsion du Groupement des éleveurs du Poneys shetland créé huit ans auparavant. Très rapidement, le stud-book français se rallie à la Société mère (SPSBS) britannique qui représente le berceau de race.

 

 

En 1989, quatre stud-books filles sont officiellement reconnues par la SPSBS : les stud-books néerlandais, suisse, belge et français. Ces organismes pourront gérer la race comme ils l'entendent au sein de leurs frontières.

 

 

La France permet des inscriptions au titre de l'ascendance (issus de parents Shetland), des inscriptions au titre de l'importation (poneys provenant des trois stud-books reconnus) et des inscriptions à titre initial (TI : poneys sans origine connue mais dont les caractéristiques sont certifiées conformes au standard de la race à la suite une inspection effectuée par un juge du berceau de race).

 

Plus tard, d'autres stud-books filles seront reconnus par la SPSBS. Le dernier en date est l'Allemagne en 2000. En 1997, le comité international ISPC est créé pour organiser une gestion plus homogène entre ces 14 stud-books dont les fonctionnements pouvaient largement varier. Certains, comme la Finlande ou la Suède, n'acceptent pas les poneys sans origines connues. D'autres comme les Pays-Bas inspectent tous leurs reproducteurs avant de pouvoir produire dans la race. Mais l'Allemagne est le seul stud-book à autoriser les croisements de race dont les produits à naître porteront l'appellation Shetland.

 

Pour clarifier cette situation hasardeuse, l'ISPC imposera alors une règle valable pour l'ensemble des stud-book filles et applicable dès 2006 : seuls les poneys possédant trois générations d'ascendants complètes Shetland pourront produire et être en conformité avec l'ensemble des autres stud-books. Au-delà, si un reproducteur qui ne répond pas à cette exigence continue de reproduire en tant que Shetland au sein d'un stud-book, ni lui ni sa descendance ne pourront être acceptés à produire en tant que Shetland dans un autre stud-book de la race.

 

L'application de cette nouvelle directive oblige les stud-books à faire du "tri" dans les reproducteurs et d'identifier ceux qui respectent cette nouvelle règle. Pour les stud-books intransigeants dans leur gestion depuis le début, la tâche est assez simple. Mais pour ceux ayant permis, dans le passé, l'utilisation de poneys TI ou issus de croisements avec d'autres races, la mission devient très complexe.

 

Dans ce contexte, la SPSBS fait confiance aux dirigeants des stud-book filles et l'ensemble des organisations appliquent tant bien que mal cette nouvelle règle des 3 générations.

 

En France, l'AFPS GEPS travaille à identifier les poneys reproducteurs et reproductrices ne possédant pas 3 générations complètes d'ascendants Shetland. Ce sont des poneys issus des ancêtres TI ayant été reconnus avant 1992, date à laquelle le studbook est fermé et n'accepte plus les inscriptions à titre initial. Certains de ces poneys « non-conformes » à la règle internationale des 3 générations vont continuer à produire au sein du stud-book français. Les éleveurs se satisfont de cette dérogation car bon nombre de ces poneys ont bien marqué l'élevage et leur production se distingue sur les concours. En revanche, ils ne pourront pas être commercialisés vers d'autres stud-books.

 

Si les exportations sont assez peu fréquentes, les importations vers la France augmentent considérablement, passant de 120 en 2006 à près de 500 en 2010. Les éleveurs cherchent de nouvelles origines et trouvent leur bonheur au Royaume-Uni, en Belgique et aux Pays-Bas principalement. Depuis l'ouverture du stud-book français, chaque importation est inspectée par une commission composée de personnes membres de l'association de race.

 

Depuis 2006 et l'application de la directive de l'ISPC, le contrôle des importations repose sur la vérification des trois premières générations comme l'impose la règle. La France travaille en confiance, pour ne pas dire les yeux fermés, avec les principaux pays exportateurs (Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas).

 

Nous sommes en 2012. Des importations plus discrètes proviennent de la Suisse, parfois du Danemark et de l'Allemagne. Les contrôles se font toujours sur les trois premières générations d'ascendants.

 

Globalement, la très grande majorité des poneys importés est en règle sur le plan généalogique. Mais la commission du stud-book français commence à recevoir des demandes pour certains poneys provenant d'Allemagne, portant l'appellation Shetland, mais le contrôle des trois premières générations révèle des anomalies. En effet, on trouve des races de chevaux miniatures en deuxième ou troisième génération de ces poneys pourtant enregistrés comme Shetland. Erreur ? Que font les stud-books allemands ? Ces cas éveillent la curiosité des dirigeants de l'AFPS qui poussent les investigations sur les pedigrees de certains poneys allemands dernièrement importés. Et là, c'est une surprise. On constate qu'au-delà des trois premières générations, on retrouve fréquemment des "Part-bred Shetland" (comprenez Shetland croisés), des "American miniatures" ou encore des falabellas.

 

Très souvent, ces poneys "Shetland" issus d'Allemagne, dont certains ascendants ne sont pas de race Shetland, possèdent des robes encore peu répandues en France mais qui connaissent un engouement croissant. Ces robes dites diluées ne figurent pas dans les robes non autorisées par le standard de race. En 2015 - 2016, ces nouvelles robes ont le vent en poupe et de nombreux reproducteurs provenant d'Allemagne arrivent en France. Mais, on ne peut pas toujours établir avec certitude de lien entre la robe et d'éventuels ascendants "autres que Shetland" chez ces poneys.

 

Face à ces cas de pedigrees litigieux provenant principalement d'Allemagne, le comité international du poney Shetland (ISPC) s'est réuni en juillet 2019, pour revoir cette directive des trois générations mise en place treize années auparavant. Le comité a reconnu que certains stud-books n'avaient pas correctement respecté la règle des trois générations au sein de leur gestion de la race durant ces dernières années. Les bases de données informatisées allemandes auraient pu être à l'origine de certaines erreurs d'attribution de race lors de croisements. Aujourd'hui ces erreurs peuvent avoir des conséquences désastreuses pour la sauvegarde de la race poney Shetland, aux caractéristiques si spécifiques, qui ne peuvent être préservées que dans une logique de sélection stricte.

 

Suite à ces constats, l'ISPC opte pour une nouvelle directive. Elle se résume par ces points :

• Tout poney Shetland, dont on peut prouver qu'une autre race apparaît dans son pedigree, peut être exclu d'un stud-book, quelle(s) que soi(en)t la (les) génération(s) concernée(s).

• Tout poney Shetland, dont on ne peut prouver la présence d'une autre race dans son pedigree, doit être maintenu dans un stud-book (bénéfice du doute en cas d’absence d’information).

Cependant, les stud-books implantés dans un pays membre de l'union européenne doivent respecter la réglementation européenne concernant l'identification des équidés : elle stipule qu’il n’est pas possible d’exclure un animal déjà inscrit dans un stud-book.

 

Par conséquent, et ce dans un souci de transparence, les différents stud-books de la race doivent tenir une liste des poneys déjà présents dont on peut prouver qu'une autre race apparaît dans le pedigree. Ces renseignements devront être mis à disposition des éleveurs qui pourront diriger leur choix en toute connaissance de cause. Cette nouvelle directive permet à un stud-book de refuser l'entrée d'un poney dont le pedigree n'est pas conforme. C'est à la personne qui en fait la demande et au stud-book d'origine de ce poney d'apporter la documentation nécessaire pour justifier la légitimité de son inscription au titre de l'importation.

 

Actuellement en France, la commission du stud-book travaille sur un projet de règlement qui intègre ces nouveaux paramètres. Notre objectif est d'assurer une transparence quant à la légitimité des pedigrees de nos poneys, sans léser ou compromettre le travail de sélection des éleveurs, mais aussi de faire la lumière sur des pratiques qui ne sont pas en conformité avec les caractéristiques spécifiques propres à la race Shetland.

 

Enfin, la règlementation européenne permet désormais aux éleveurs des états membres d'enregistrer leurs animaux dans le stud-book de leur choix. Ainsi, un éleveur français peut enregistrer ses poulains dans le stud-book d'origine des reproducteurs. Ce principe communautaire permet à chaque organisme de sélection d'opter pour une gestion d'élevage propre à son pays. Ainsi, tout éleveur peut choisir librement le stud-book de ses produits, un stud-book qui correspond le mieux à sa vision du poney Shetland.

Ce système a pour but de simplifier la circulation des équidés dans l'espace communautaire européen, sans contraindre leurs propriétaires à un unique organisme de sélection.

 

Vous pouvez adresser vos questions demandes d'informations complémentaires à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

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